Argumentaire « Les sources intellectuelles », Paris 2 décembre 2015

Argumentaire « Les sources intellectuelles »

Les grands courants de la culture juridique, économique et philosophique concernant la nature et la valeur des opérations spéculatives seront abordé au cours de cette journée d’étude.

A) C’est le monde gréco-latin qui perçoit en premier le problème de la justice commutative qui doit guider tous les échanges à l’intérieur de la communauté. Dans ce contexte, naît la distinction entre l’activité dont la finalité est de répondre aux
besoins humains, nommée « activité économique », et celle ayant pour but l’accumulation d’argent, dénommée « chrématistique ». Seule la première correspond à l’idée de commutatio et est donc légitime et juste.
Au Moyen Âge également la doctrine économique et juridique s’inscrit principalement dans la thématique de la justice commutative, critère général qui doit déterminer le droit des particuliers. Le droit médiéval et canonique se fondent
sur le postulat aristotélicien-thomiste que pecunia non parit pecuniam : ce qui en résulte est la négation du profit et de l’intérêt en cas de financement exclusivement monétaire d’une opération économique qui ne peut que donner lieu à des
opérations usuraires. C’est donc la conception de la valeur de l’argent qui est en cause, et cela encore plus à la fin du Moyen Âge quand la monnaie recommence à circuler et les premières banques voient la lumière.

B) Les grandes découvertes conduisent à une véritable révolution économique qui remet en cause tout l’équilibre classique des relations synallagmatiques. L’ « économie sans travail » éclate, les opérations purement spéculatives (assurances,
change, commissions, participation exclusivement monétaire à une société commerciale…) se multiplient.
La conception de la valeur de l’argent change complètement, le capital devient facteur productif de richesse qui doit être rémunéré. En conséquence, toute la théorie des contrats doit être revue, notamment en ce qui concerne la rémunération
du capital et du risque. Dans ce contexte, la théologie et l’éthique sont également appelées à s’adapter, mais aussi à encadrer ce nouvel esprit du capitalisme naissant.
Mais c’est surtout le XIXe siècle qui devra se mesurer à la maturité du capitalisme, ce qui se traduit dans le milieu juridique par la reconnaissance du capital emportant des effets juridiques, par la prise de risque comme véritable prestation devant être rémunérée et par l’intervention des pouvoirs publics dans l’encadrement des activités spéculatives. Le relais passe donc aux juristes positivistes appelés aujourd’hui à replacer l’ « économie sans travail » – grâce aux outils du droit de l’économie et du droit fiscal – dans un cadre de justice substantielle. C’est aussi le cas des économistes qui explorent ce domaine au prisme des thèses de l’économie du droit.

LES AUTRES RENCONTRES :
2 – « Les acteurs », Université de Bordeaux, 1 avril 2016
3 – « Les résolutions des controverses », Université de Lille 2, 18 novembre
2016
4 – « L’approche internationale », Villa Finaly, Florence (Italie), 7-8-9 juin
2017

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